Ce mardi 27 février 2018, les riverains et autorités membres du Comité d’accompagnement du chantier visitaient les ateliers de Techno Metal Industrie, à Andenne. C’est là que s’achève actuellement la construction du futur pont-à-Ponts, qui arrivera tout prochainement à Tournai par barge. Il sera entreposé, assemblé et peint à Vaulx, tout d’abord, avant de rejoindre le centre-ville toujours sur l’Escaut, et d’être posé au-dessus du fleuve. L’échéance (mi-juin) est désormais connue, même si elle devra être confirmée. Avant cela, de nombreuses opérations vont être menées sur et aux abords du pont. Explications.

Dans quelques mois, le pont-à-Ponts changera de visage. Plus mince, plus effilé, plus moderne, plus accueillant pour les piétons et personnes à mobilité réduite, il offrira aussi un autre regard sur le fleuve qu’il surplombe. Le recalibrage de l’Escaut, en cours au niveau du quai Saint-Brice, imposait ce changement ; la pile du pont côté rive droite devant disparaître, la stabilité de l’ouvrage n’était plus assurée. De plus, pour permettre le passage des péniches de classe Va, il n’était possible d’obtenir la hauteur nécessaire (7m) sous l’ouvrage qu’en envisageant la pose d’un tablier métallique plus fin.

Imperceptiblement, ce chantier titanesque a déjà démarré depuis plusieurs mois, sur les planches à dessin des ingénieurs et architectes en charge du projet, et dans une entreprise d’Andenne. Selon le planning actuel, la démolition du tablier actuel et la pose du nouveau pont interviendront dans le courant des mois de mai et juin. Gageure imposée aux entreprises : la circulation ne pourra pas être interrompue plus de cinq semaines consécutives ! Un défi technique voulu pour réduire autant que possible les soucis de mobilité en centre-ville.

« Un Meccano géant » 
A l’heure où vous lirez ces lignes, le nouveau tablier du pont-à-Ponts entamera son premier voyage, en 4 pièces et par barge, depuis Andenne jusqu’à Vaulx. Il y sera entreposé pour y être peint et assemblé durant le printemps.
Complexe, cette dalle orthotrope est composée d’une myriade de plaques et poutres d’acier de 16 à 120 (!) mm d’épaisseur, « assemblées et soudées grâce à des dizaines de procédures différentes, selon les contraintes et les besoins. Mais au final, ça reste un Meccano géant », sourit Eric Deneil, directeur technique de la société Techno Metal Industrie.

Avec ses 80 employés, elle assemble des ponts depuis 22 ans. Leur record : 2.550 tonnes et 532 mètres, les mensurations du viaduc ferroviaire dit « pont des Allemands », à Visé…

Chiffres clés
60,5 : en mètres, la portée totale de l’ouvrage 
15 : en mètres, la largeur maximale du tablier 
945 : en millimètres, l’épaisseur minimale en son centre 
2 : en mètres, l’épaisseur au niveau des appuis de la structure 
430 : en tonnes, le poids total de l’ouvrage
11.000 : en heures de main d’œuvre, le temps nécessaire pour la construction en atelier (hors réassemblage, peinture et pose)